Soleil Froid - Chapitre 5

Publié le par Fanofshoujo

Chapitre 5

Le Snake

 

Berlin, Ligne de front Allemande, Europe, heure locale : 21:09

La radio s'alluma alors que le Sergent Ulrich recevait une transmission de son Q.G. La situation était mal, les chars russes de l'Armée Révolutionnaire progressant aisément dans les ruelles malgré les embuscades et la résistance du Gouvernement. Une frappe aérienne fut demandée pour dégager la rue qui menait à la porte de Brandebourg, mais les Raptors et les Eurofigthers de la Luftwaffe étaient cloués au sol par des batteries anti-aériennes disposaient de part et d'autre de la ville du côté de l'Armée Révolutionnaire. Pourtant, si les hommes du Sergent ne disposaient pas d'un soutien immédiatement, ils allaient devoir abandonner la rue pour sécuriser leur Q.G de campagne qui permettait à peine à tenir le côté Gouvernement de la ville. On le rassura alors que Québec Yankee signalait que plusieurs commandos se dirigeaient en ce moment vers les batteries anti-aériennes pour les faire taire.

 

Berlin, derrière les lignes du côté de l'Armée Révolutionnaire, Europe, heure locale : 21:12

L'unité Charlie n'était pas de ceux qui devait faire taire les batteries. À la place, Charlie avait été envoyé derrière les lignes ennemies pour couper le ravitaillement et saboter le Q.G qui permettait de relayer les informations à travers toute la ville et le secteur allemand. La place où attendait de partir le convoi était éclairée par les lampadaires, mais de nombreuses zones d'ombres permettaient aisément de s'y cacher. Nombre de bâtiments en ruines pouvaient servir de cachette potentielles à des tireurs embusqués, c'est pourquoi des patrouilles les inspectaient méticuleusement. Deux gardes qui assuraient la protection du convoi avant son départ passèrent derrière les camions. L'un d'eux se retrouva soudainement égorgé tandis que le deuxième reçut un coup du lapin qui mit fin à ses jours. Charlie Leader et Goliath cachèrent les corps sous les camions pendant que Delta et Tomahawk progressèrent doucement pour poser des C4 sur deux des véhicules de queue. Ils revinrent ensuite sur Charlie Leader qui sépara le groupe en deux. Il fallait désormais poser d'autres charges sur les véhicules de munitions, puis les véhicules de tête. Delta et Tomahawk s'occuperait des véhicules de munitions, Charlie Leader et Goliath s'occupant des véhicules de têtes.

''Bien, trois mètres d'intervalles, on pose les explosifs et on se retrouve à la Z.A comme convenu, dix minutes d'opérations maximum, en cas de complication, évitez les conflits, on se ferait arracher en deux minutes. Le Q.G ennemi est trois pâtés de maison plus bas, on fera sauter les C4 une fois rendus. Aller, go !''

Les hommes se dispersèrent, se couvrant mutuellement l'un l'autre.

Charlie Leader progressa de flanc avec Goliath avant de finalement apercevoir les camions de munitions. L'homme donna les directives à son équipier, s’octroyant chacun deux camions. Il fallait être rapide et discrets. Ils assurèrent leurs silencieux puis se lancèrent dans l'opération. Charlie Leader progressa doucement, passa sous un premier camion, y posa les C4. Il se mit à temporiser, attendant le passage de gardes, pour rouler sous un deuxième camion et y apposer un autre C4. Il appuya ensuite sur son oreillette.

''Ici Charlie Leader, C4 posés.

- Ici Delta, C4 posés.

- Ici Tomahawk, C4 en cours de pose.

- Goliath, t'en es où...'' Pas de réponse. ''Goliath !'' Silence.

- Sa radio est peut être H.S.

- Trop classique. Rassemblez-vous à la Z.A, je cherche Goliath. Si le convoi commence à bouger, n'hésitez plus et faites tout sauter.

- Bien reçu. Delta terminé.

- Bien reçu, Tomahawk terminé.''

Charlie Leader quitta son oreillette avant de jauger en direction des camions où devrait être Goliath. Personne... Au loin, on entendait le bruit des canons et des coups de feux du front.

Charlie Leader pénétra finalement dans une maison en ruine. C'était un ancien magasin de vêtement qui disposait d'un étage dont le toit s'était effondré dessus et qui permettait ainsi de rejoindre les restes du bâtiment sans trop de problème. Au détour d'un angle, il trouva Goliath allongé à terre, mais aussi trois gardes. Charlie Leader aborda aussitôt son homme en l’appelant discrètement.

''Goliath !'' Il posa sa main sur son cou. Il sentait son pouls et l'homme respirait encore. Les trois gardes par contre... morts. C'est alors qu'il entendit le bruit d'une allumette. Charlie Leader bondit sur sa F2000 armée et pointa en direction de la lumière.

''Qui est là ?''

L'ombre ne répondit pas et alluma nonchalamment une cigarette avant d'éteindre l'allumette. Aucune lumière ne l'éclairait, à peine le point rouge du tabac montrait un mouvement de main et indiquait approximativement le visage. La cigarette avait tout juste pût montrer la forme d'une P90 et encore, dans le noir avec autant de visibilité, c'était impossible de savoir. Face au silence de l'ombre, Charlie Leader allait insister, quand finalement, une parole en allemand lui parvint.

''Sprächen Sie Deutch ?'' Charlie Leader s'étonna. Un allié ? Il allait rétorquait quand la voix l'interrompit encore une fois.

''Espanõl quizás ?'' Encore un silence, sûrement lui laissait-il tout simplement le temps de dire oui dans la langue concernée. Hélas, Charlie Leader ne maîtrisait pas un traître mot de ces langues. L'ombre en aborda encore trois, du Japonais, de l'Anglais et de l'Arabe avant de finir par...

''Français peut être ?'' Cette fois, Charlie Leader acquiesça. L'ombre porta sa cigarette (du moins c'est ce que Charlie Leader présumait) à sa bouche. ''D'où la F2000 je suppose.

- Qui êtes vous ? Identifiez-vous si vous êtes un allié.

- Je ne suis ni ton allié ni celui de l'Armée Révolutionnaire. Je ne suis qu'un anonyme.

- C'est vous qui avez neutralisés les gardes et Goliath ?

- Le CQC c'est pas son fort.

- Pourquoi avoir épargné Goliath alors ?

- Il n'allait pas m'attaquer. Je n'avais aucun intérêt de le tuer.

- Identifiez-vous sur le champ ou je...

- Pas la peine de t'exciter petit...'' L'ombre cracha une bouffée de sa fumée de tabac. ''Je suppose que tu peux me considérais comme l'homme que vous appelez maintenant le Snake.

- Le Snake ?'' Charlie Leader n'allait plus lâcher des yeux la forme qui faisait face à lui.

- Drôle de surnom, même si je ne m'en plaint pas.

- Les ordres sont de vous arrêter dès que l'on en a l'occasion.

- Tiens donc ? Et en bon soldat, tu vas essayer de m'arrêter c'est ça ? Pour m'emmener où ?

- Vos actions ont rendus totalement inutile la mobilisation de plusieurs commandos en mission alors que l'on aurait pût les utiliser ailleurs. Je dois vous emmener au quartier général pour interrogatoire.

- Est-ce que c'est ce que tu désires réellement ?

- Je n'ai pas le choix que d'obéir aux ordres, que ce soit ce que je désire ou pas.

- Le parfait petit soldat. Le fils d'une longue lignée de militaire je suppose.

- Juste mon grand frère... il était officier dans l'Armée de l'Air française. Quand tout a commencé, il s'est crashé dans un des premier lieux victimes de l'attaque. Il s'est fait abattre en évacuant les civils.

- Et tu as rejoint l'armée peu après en guise de vengeance pour faire payer à l'Armée Révolutionnaire ce qu'ils ont fait à ton frère ce jour là... C'est honorable. Mais qu'est-ce que ça t’apportera quand le Gouvernement aura gagné ? Tu crois qu'il te ramènera ton frère peut être ?

- Comment êtes-vous sûr que le Gouvernement l'emportera ?

- Grave erreur soldat... Tu viens de me dire que tu t'es engagé dans une guerre dont tu n'es même pas sûr de voir ce que le monde libre souhaite. Tu risques ta vie et celle de tes hommes uniquement dans le but d’assouvir ta vengeance et tu as troqués ta liberté d'homme contre un rattachement à la hiérarchie qui t'indique la marche à suivre pour aboutir à ton objectif sans que tu ne suives toi même la marche que tu désires.

- Je suis un soldat ! Je n'ai pas à me soucier de mes intérêts personnels à partir du moment que l'on me donne des ordres.

- Ah ça oui... tu es un soldat.'' L'ombre fit voler un paquet fortement ficelé qui atterrit droit aux pieds de Charlie Leader. Celui-ci recula instantanément. ''Inutile de crier à l'explosif. Tu as là toutes les informations sur les Anges et leurs emplacements. Tu as devant toi les clés pour gagner la guerre.

- Comment ?! Qu... qu'est-ce qui me prouve que vous ne bluffez pas ?

- C'est à toi de choisir de me croire ou pas. Je n'ai pas de raison d'être ton ennemi. Je ne souhaite que la fin de la guerre comme les milliards d'innocents qui attendent impatiemment de voir gagner le Gouvernement et pour les enfants, de voir rentrer leurs parents. Et dans cette optique, le Gouvernement n'a aucun intérêt à m'arrêter. Pour eux, je suis une arme.

- Une arme ?

- Une arme médiatique. Dans un monde où le contrôle des médias et de l'information est resté total, ou plus que jamais la communication et les informations sont importantes, les gens ont besoins d'une lueur d'espoir qui par la même effraie leurs adversaires. Aussi longtemps que durera la guerre, même si le Snake est arrêter, le Gouvernement continuerait de donner traces des actions d'un héros parmi les rangs de l'armée du Gouvernement, affrontant bravement les ennemis pour permettre aux armées du monde libre de triompher de l'agresseur et de l'Armée Révolutionnaire. Bah ! Les héros ne sont rien d'autres que de banales êtres humains devenus à leur insu des légendes. Je n'ai jamais désiré être ce genre de héros. Avec ce que je viens de te donner... tu seras le héros qui aura mis fin à la guerre. Tu seras ce héros dont le monde a besoin. Peut-être par la même tu parviendras à accomplir ce pour quoi tu t'es engagé. Même si je pense pas que cela te soulagera énormément.'' La lueur de la braise de cigarette disparus dans les ténèbres. Charlie Leader allait interpellé l'homme quand Goliath se mit à bouger derrière lui.

- Mal au crâne....

- Goliath !''

 

Peu après, Berlin tomba aux mains de l'armée du Gouvernement grâce à la destruction du Q.G de l'Armée Révolutionnaire, du convoi des ravitaillement et de l'explosion des batteries anti-aériennes dans une synchronisation parfaite.

Publié dans Fictions

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