Guerre Chaude

Publié le par Fanofshoujo

Chapitre Unique

Un Message

 

À tous les braves,
À tous les hommes et à toutes les femmes,
À tous les lâches,
À tous les politiciens et à tous les dictateurs,
À tous les soldats,
À tous les vétérans et à toutes les recrues,
À tous les civils,
À tous les enfants, les adolescents, les adultes et les grands-parents,

Ce n'est ni le moment de se battre ni de mourir,
Ce n'est ni le moment de s'entre-tuer et de s'achever,
C'est le moment de se voir et de vivre,
C'est le moment de se fraterniser et de se soutenir.

''Toutes les grandes choses sont simples,
Et elles peuvent être formuler en quelques mots :
La liberté, la justice, l'honneur, le devoir, la pitié, l'espoir''

Winston Churchill

''C'est ce qu'il y a d'écrit sur le mémorial des soldats morts durant cette Troisième Guerre Mondiale. C'est avec ça que l'on a définitivement conclut le conflit qui ôta la vie à plusieurs centaines de personnes sur tout le globe. Un bloc de marbre sculpté, des écrits gravés dans la pierre. De belles paroles. L'Homme n'aime pas les paroles. L'Homme doit agir. L'Homme n'aime pas écouter. L'Homme veux du résultat, toujours du résultat. Mais surtout, surtout. L'Homme oublis vite. Très vite. Même la raison pour laquelle il a construit ce monument.''

La silhouette vêtue d'un long manteau observait le grand bloc de marbre sur lequel trônaient des soldats soulevant un globe planétaire. Il pleuvait. La cigarette aux lèvres, il lisait l'inscription gravait sur chaque flancs du socle. La fumée cancérigène peinait a monter dans les airs. Il retira le poison de sa bouche et l'écrasa dans un cendrier portable avant de passer les mains dans les poches et de faire volte-face, pour s'en aller. Lentement, son corps avançait, les gouttes d'eaux dessinant sa trace dans le décor. Il était seul sur cette place. C'était un jeudi après-midi de période scolaire.

Il habitait une maison isolée dans la campagne, perdue entre trois champs, quelques haies et un chemin. Quand il rejoignait la ville, c'était uniquement pour faire des courses et rejoindre le mémorial. Il gara sa voiture quelque part, peu importe, dans la campagne, on ne s'occupait pas de savoir où garer sa voiture du moment que c'était sur son terrain. Il en descendit, les bottes commençant à se couvrir de boue, un sac plastique dans la main. Il ouvrit sa porte avec la clé et la referma derrière lui. Il posa son sac sur le meuble à l'entrée, retira son manteau et le posa sur le porte-manteau. S'approchant du frigo avec son sac, il le posa sur la table. Après avoir mis son paquet de cigarette tout récemment acheter de côté, il plaça dans le frigidaire quelques légumes, une bouteille d'eau, un paquet de salade et du pâté, avant de refermer la porte et de laisser là le sac. Il ne prit que son paquet de cigarette, qu'il ouvrit aussitôt avant d'en mettre une entre ses lèvres. Puis il se dirigea vers la table du salon, allumant au passage son fournisseur de produit cancéreux, avant de s'asseoir en s'emparant du journal, qu'il ouvrit au hasard. Pinçant la cigarette entre ses doigts, il la retira de sa bouche, et tira une bouffée tout en lisant quelques lignes. Il la remit alors avant de prendre la télécommande et d'allumer sa télé. Sa petite télé, qu'il avait mis dans le coin de la pièce pour ne pas déranger, juste à côté du meuble où reposait quelques photos et une maquette du F4-U Corsair, juste à la gauche d'une autre maquette, presque terminée, du Grumman F-14 Tomcat. Sur l'écran, un dessin animé pour gamin. Il regarda l'horloge qui était accrochée au mur, celle qui retardait de trois minutes mais qu'il n'avait jamais pris la peine de remonter. Il n'était pas à trois minutes près dans sa vie. Il posa alors sa télécommande, laissant là le seul échantillon d'innocence qu'il restait encore possible de trouver dans ce monde. Il tira une bouffée de cigarette.

Il resta là dix minutes, à lire son journal sans écouter la télévision et à entretenir son cancer.

L'on frappa alors à sa porte. Sans dire un seul mot, il se leva et ouvrit la porte. Un homme en costume trois pièces était sur le seuil de sa porte. Pas un promoteur immobilier. L'homme semblait sûr de lui. Il le regarda, sans rien dire. L'homme à la porte se présenta alors.
''Bonjour monsieur, François Smith, je travaille pour le Gouvernement.
- Oui ?
- Puis-je entrer ?
- Je vous en prie...''
Il retourna vers sa chaise pendant que l'homme en costume le suivit avant de fermer la porte. Le fumeur pris alors son paquet et en retira une cigarette, avant de le tendre vers son invité surprise.
''Je ne fume pas, merci.'' Il ne dis rien et posa son paquet, avant d'allumer à l'aide de son briquet son petit tube blanc. L'homme en costume commença alors à faire le tour de la maison. Lui, cigarette à la bouche, ne disait rien. Il éteignit les dessins animés et se plongea dans son journal.
''C'est le numéro du jour ?
- C'est lui.
- Vous pouvez me donner le cours de la bourse s'il-vous-plaît ? Je n'ai pas eu le temps de le regarder ce matin.'' Le fumeur tira une bouffée de sa cigarette avant de tourner la page jusqu'à la catégorie Bourse et d'observer les chiffres.
- Nexter chute de six points ce matin...
- Cela ne m'étonne pas. Les industries de l'armement souffrent de la pacification des territoires. Merci.'' Mauvaise logique selon lui. Mais son invité repris son tour, avant d'observer le meuble à côté de la télé. ''Vous vous intéressez aux avions ?
- C'est de famille.
- Je vois... '' Il s'empara d'une photo sur laquelle on pouvait voir le visage souriant d'une jeune adolescente. ''C'est votre fille ?
- Ça l'a été...'' Il cracha sa fumée.
- Vous voulez dire...
- Ce que je voulais dire.
- Oh. Je suis désolé.
- Vous n'avez pas à l'être.'' Le costumé reposa la photo, avant d'en voir une autre juste à droite de la photo de la jeune fille. C'était une vielle personne à képi, dans un désert. ''Et lui ? C'est votre père ?
- Grand-père.
- Ah...'' Il reposa la photo. Tout naturellement, le fumeur continua. Alors, il observa la troisième photo, celle qu'il y avait à côté des maquettes. Quatre hommes en tenue militaire s'y tenait par l'épaule comme des frères. ''Vous étiez militaire ?
- Je l'étais.
- Vous étiez au front ?
- Où aurais-je pût être ?
- Oui, quelle question...'' Il rigola avant de reposer la photo. ''Vous n'êtes pas très bavard.
- La campagne est un endroit calme.
- Oui, en temps de paix, du moins.'' L'homme tira une chaise et s'assit juste à côté du fumeur, cherchant son regard.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous, monsieur du Gouvernement ?
- Vous qui avez été soldat, vous avez peut-être entendu parler... du Snake ?
- Qui n'en a pas entendu parler ?
- Qui je m'en doute.
- Et bien quoi ? Une légende comme il en existe tant d'autres. Personnes n'a jamais prouvé que ce Snake existait. Personne parmi les hommes sur le front en tout cas.
- Le Snake existait, monsieur.
- Vous m'en voyez ravis.'' Le fumeur tira une bouffée de cigarette avant de sauter une page. Le costumé le remarqua.
- Vous ne lisez pas les nouvelles du monde ?
- Pas intéresser.
- Alors je vais vous les résumer. Le Gouvernement a été la cible d'attaques terroristes dans certains territoires pacifiés.
- Revoyez votre politique de paix.
- Ha, vous devriez savoir que ce n'est pas si simple.
- La paix n'existe pas. L'Homme cherchera toujours à s'accaparer la guerre. Il en a besoin. L'économie tourne autour des morts. C'est triste à dire, mais c'est ça.
- Des paroles bien étranges, pour un soldat.
- À la retraite.'' Il écrasa sa cigarette dans un cendrier. ''Vous n'avez pas quitter le confort de votre villa sur la côte pour venir me tenir au courant de l'actualité mondial monsieur du Gouvernement. Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Nous avons peut-être réussi à trouver qui était le Snake.
- Et ? Qu'est-ce que cela peut me faire ?
- Nous savons qu'il a déjà eu un contact avec une de nos unité, à Berlin. L'unité Charlie, cela vous dit quelque chose ?
- C'est possible.
- D'après nos sources, il aurait suivis Charlie depuis sa première apparition en Mongolie, durant une opération secrète visant à faire taire une base ennemi avancée près de la frontière chinoise.
- Je me répète, qu'est-ce que cela peut me faire ? Encore une fois, je ne crois pas que vous me donneriez des informations aussi importantes si vous ne vouliez pas me demander quelque chose.'' Le costumé se pencha sur la table, pour enfin trouver le regard du fumeur.
- Le Snake est un criminel de guerre, soldat. Certes, il a peut-être permis au Gouvernement d'obtenir la victoire, mais il n'en demeure pas moin qu'il n'était sous le commandement d'aucune armée, la responsabilité d'aucun officier. C'est un indépendant non-déclaré. Par la même, il a assassiné des gens, volé des plans et des informations capitales, fais perdre son temps à des commandos... dont Charlie. Mais...
- Mais ?
- Son efficacité n'est pas à discuter. Il a fait à lui seul ce qu'un commando surentraîné peine à faire. Sans carnage, sans même être repérer quelque fois. Sans jamais être vus, sans jamais être entendu. En fait, soldat, le Gouvernement est prêt à lui pardonner toutes ces actions si le Snake aidait à...'' Dans un geste vif et rapide, le fumeur tira la chaise du costumé, avant de planté un couteau dans sa cravate qui traînait sur la table. Perdant l'équilibre, le costume se retrouva pendu à sa cravate, le souffle court, commençant à s'étrangler. Il se débattait pendant que le fumeur se pencha sur son visage.
- Écoutez moi bien. Le Snake n'est qu'une légende. Un homme que l'on a créer de toute pièce par le biais de rapport, de témoignage. Je ne le CONNAIS pas. Je ne l'ai jamais vus. On ne vous l'a pas dit, mais vous êtes le quatrième à venir me demander ça. Je ne suis plus dans l'armée. Je suis à la retraite. J'ai sauvé les fesses de votre Gouvernement, et j'ai sûrement tué bien plus d'ennemis que vous n'avez vus de mort dans votre vie. Alors, je vous le dirais une dernière fois : lâchez moi, oubliez moi. J'ai sacrifié trop de choses dans ma vie pour venir à nouveau les mettre au service d'un Gouvernement sclérosé.'' Il retira le couteau, ce qui permit au costumé de reprendre sa respiration difficilement. ''Sortez de chez moi.''

Sans dire un mot de plus, l'agent du Gouvernement s'en alla, laissant là le fumeur. Il remit le couteau dans l'étui qui était caché sous sa veste, puis sortit une cigarette de son paquet et la mis à sa bouche. Il regarda la voiture partir à travers la fenêtre. Secouant la tête, il prit son briquet et alluma une nouvelle cigarette.

''Tu parles d'une paix.''

Publié dans Fictions

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