Magical Maiden:Life Of Tsukichi - Vie

Publié le par Fanofshoujo

Japon, automne de l'année 1549. Le petit village de Kiame, dans la province de Nagasaki est le lieu de vie d'une Magi. Tsukichi, Magi âgée d'une vingtaine d'année physiquement, d'une quarantaine réellement. Magi à l'Affinité au Sang. Depuis vingt ans, elle chasse les Foes qui encerclent le village et tentent de dévorer les âmes de ses habitants. Elle a son actif une cinquantaine de têtes des ennemis de notre monde, dont une douzaine de Yokaï. Aujourd'hui encore, sa tâche s'exerce la nuit, quand aucun humain ne peut l'apercevoir ainsi que ses adversaires. La lune était pleine cette nuit là. La silhouette rapide d'une créature singe passa sous la lumière de l'astre nocturne, suivit rapidement par une autre tout aussi rapide. Bondissant de toit en toit, les deux coureurs avaient leurs objectifs précis : semer l'une pour l'un, rattraper et abattre l'autre pour l'une. Ils arrivèrent en bordure du village, et le Yokaï Singe regarda derrière lui si la Magi ne le suivait plus.
''Tu es plutôt rapide, on peut dire.''
Il se retourna subitement, la Magi se posant sur le sol dans une position élégante. Elle se releva, ses longs cheveux verts flottants au vent de la nuit. Elle passa une main dans sa coiffure pour la remettre en place alors qu'une feuille morte s'y déposer.
''Mais maintenant, la partie est terminée. C'est ici que ta vie s'achève.''
Le Yokaï rechigna avant de pousser un grand cri et de bondir en avant vers la Magi. Celle-ci leva simplement la main vers lui. Une goutte de sang perla de la paume de sa main.
''Piège de Sang.''
Le liquide rouge jaillit soudainement de la main de Tsukichi comme s'il prenait vie pour devenir gigantesque et envelopper le Yokaï dans une bulle de sang géante. La Magi claqua des doigts dans un écho.
''Noyade.''
Comme si elle était soudainement aspirée, la bulle se concentra avant d'imploser, faisant tomber de son liquide dans les environs comme une pluie. Il ne restait rien du Yokaï. Par contre, ce qu'il avait voler toucha le sol dans un bruit sourd. Tsukichi s'en approcha et se pencha pour ramasser la statuette qui avait été volée au temple du village. L'heure était venue de la rendre à son propriétaire. Elle s'envola dans la direction du bâtiment.

La Magi se posa par où le Yokaï était rentrée : une porte magique à l'arrière de la pièce. Il lui restait juste à remettre l'objet précieux à sa place et à refermer la porte avant d'aller dormir. Quand elle arriva dans cette pièce sacrée, elle se retrouva surprise par le calme et l'ambiance quelque peu dérangeante qui en émanait. Mais elle était celle dont l'Affinité n'était pas des plus adorables. Il serait comique qu'elle ait peur du silence. Alors elle remit la statuette à sa place, avant de regarder à nouveau autour d'elle. Non, décidément, aucune raison d'avoir peur. Elle fit demi-tour.
Sans qu'elle ne le remarque, la statuette bougea. Elle se mit à vibrer avant de s'illuminer petit à petit d'une lumière verdâtre. Tsukichi ressentit cette chaleur dans son dos et se retourna.
''Qu'est-ce que ?!''
La divinité protectrice du village, représentée dans cette statuette, avait dit-on le pouvoir de récompenser celui qui la servait par le changement de son avenir. Mais Tsukichi savait bien que cela n'était que légende pour entretenir les villageois. Alors pourquoi... cet objet faisait-il ça devant elle ? Elle s'en rapprocha, observant ce spectacle intriguant, mais tout de même sur ses gardes. Si cela était une ruse d'un Foe, il fallait faire attention. Une voix résonna dans les airs d'on ne sais où.
''Toi... Veux-tu connaître ton avenir ?
- Mon avenir ? Pourquoi voudrais-je le connaître ?
- Connaître son avenir permet d'en choisir un autre...
- S'il y a une chose que j'ai apprise il y a vingt ans... C'est qu'on ne peut rien contre le destin. Tu n'es que mensonge.'' Tsukichi tendit la main vers l'objet, mais elle se brûla. Les yeux normalement clos de la statuette s'ouvrirent alors sur un œil de rubis et un œil noir. La même voix parla à nouveau.
- Le feu sera un linceul. Les ténèbres seront les maîtres. Pas de futur. Plus rien.''
Puis la lumière s'arrêta et les yeux se refermèrent. Tsukichi resta là, devant cette statuette qui lui avait parlé. Elle regarda sa main. Aucune trace de brûlure. Alors quoi, c'était tout ? Deux phrases et une menace ? Comme elle le pensait, des légendes, et des légendes bien décevantes. La Magi sortit et referma la porte magique derrière elle. Elle finit par jeter un dernier coup d’œil au mur, avant de s'envoler.

Quand Tsukichi se réveilla, elle ouvrit les yeux sur le plafond de sa chambre et le carillon du vent qui pendait à sa fenêtre. Elle cligna rapidement des yeux. La nuit avait été courte. Elle était encore bien fatiguée. Mais elle devait s'occuper de la vie du village. La nuit, elle était une Magi. Mais le jour, elle était une femme comme les autres. Elle bailla en s'étirant avant de se lever et s'habiller. Puis, elle quitta la maison. Elle vivait seule, par soucis de praticité. Cela n'était pas forcément bien vus dans le village, mais le fait qu'elle travaillait énormément aux champs et à l'occasion au temple suffisait à ne pas faire d'elle une paria. La Magi quitta ainsi le toit de sa résidence pour le soleil chaud et revigorant de la campagne. Les champs étaient au dehors du village, aussi devait-elle emprunter un chemin où se rejoignaient toutes les femmes du villages. Certaines étaient veuf de soldats, d'autres encore mariés. Certaines étaient mères et amenaient les enfants aptes à travailler pour aider. Le village vivait principalement de son riz et de ses Ashigarus, ces hommes paysans qui rejoignent les armées des grands seigneurs. Grâce à la prime des survivants, il était possible de vivre comme il fallait. De plus, le village était loin dans les terres, à l'abri de tout conflit éventuel. Le seul passage des militaires étaient les régiments des hommes prêt à partir au combat qui défilaient sur les chemins de terre dans une certaine discipline. Ce n'était certes pas aussi beau que les samouraïs ou d'autres hommes d'élites, mais suffisant pour fournir des hommes courageux. C'est un de ces régiments qui défilait en ce moment, pendant que Tsukichi coupait les tiges du riz. L'un des hommes en tête de convoi tourna la tête vers l'attroupement de femmes. Les mariés disaient peut-être un dernier au-revoir à leurs maris, pendant que les non-mariés encouragés leurs favoris... ou un membre de leurs familles. Tsukichi n'avait plus de famille direct. Officiellement, sa mère est morte après lui avoir donné naissance, son père est engagé dans l'armée et quelque part dans le Japon, mort ou vif, et ses deux frères travaillent eux dans la grande ville. Elle, elle est restée ici pour son travail de Magi et pour vivre avec sa tante et son oncle, les principaux propriétaires des rizières. Le plus difficile dans ce travail était de maintenir une histoire cohérente pour justifier l'âge jamais changeant de Tsukichi . Une femme revint vers elle après ses adieux et retourna dans sa culture, apostrophant Tsukichi. Cette femme, c'était la voisine, madame Tora. C'était une femme gentille, mais très superstitieuse. Si elle avait appris pour le vol de la statuette de cette nuit, elle aurait sûrement fait une crise cardiaque.
''Toujours aucune nouvelle de ton père ?
- Non, aucune.''
De toute façon, elle avait depuis longtemps renoncé à tout espoir d'en apprendre. Rapidement, le ciel tourna à l'orage et le soleil disparut derrière les imposants nuages gris. Les femmes se dépêchèrent de conclure leurs travaux.

Quand arriva le soir et que la pluie transforma les rues du village en boue, Tsukichi regarda par la fenêtre le décor environnant et les rizières. Elle pensait aux Ashigaru partis dans la matinée. Ils devaient sûrement campée sous cette averse infernale qui transformait aisément le moindre sentier en chemin impraticable dans ces campagnes. Ce temps, c'était le temps idéal pour certains Foes qui sortaient afin de se repaître des retardataires ou des gens qui allaient prier les Dieux que la pluie ne s'arrêtent. Les gens comme madame Tora. Tsukichi éteignit toutes les lumières chez elle pour faire croire à son sommeil. Puis elle prononça le mot qui fit d'elle une Magi et s'envola, complètement trempée en à peine quelques secondes. La patrouille de la nuit ne sera pas concluante. Et c'était une bonne chose. Aucun Foes à abattre. Peut-être avaient-ils aussi renoncés à sortir par cette pluie, assez inhabituelle pour la saison. Mais ça ne l'inquiétait pas. Il y avait déjà eu une pluie comme ça, le jour de sa naissance, il y a quarante ans... Pourquoi s'en souvenait-elle ? Parce que c'est sous une pluie comme ça qu'elle est née.

Le lendemain, la boue était encore quelques peu humide, mais praticable. Il fallait retourner aux champs. Sur le chemin, Tsukichi croisa, bien malgré elle, trois autres femmes qui se mirent à l'accompagner. Il y avait madame Tora, madame Shimoto -la femme du forgeron du village- et madame Koga -la petite fille de la doyenne du village-. Chacune d'elles discutaient sur l'orage de cette nuit. Bien qu'elles essayèrent d'intégrer Tsukichi à la conversation, celle-ci resta quelque peu distante.
''Vous avez entendu les nouvelles ? Il paraîtrait qu'un gigantesque navire noir aurait accosté sur les côtes !
- Un navire noir ?!
- Oui ! Et des étrangers en seraient sortis, apportant avec eux de l'or, des armes et de la nourriture qui n'existerait pas chez nous !
- Comment as-tu appris tout ça ?!
- Mon mari vendait ses produits en ville quand il les a vus ! Ils lui auraient même proposer d'essayer ce qu'ils appellent... Des arquebuses ! Ce sont des fusils qui font un bruit terrifiant ! Ils équiperaient toutes les armées dans les pays au-delà des mers du Japon !
- Ce ne sont que des on-dit.'' Les trois femmes se tournèrent vers Tsukichi, qui avait parlé. Elle détestait les conversations de mégères. ''Nous aussi, nous avons déjà des fusils, et ils n'équipent pas toutes nos armées.
- Tsukichi n'a pas tort. Ces étrangers essayaient sûrement de duper ton maris.
- Puisque je vous le dis ! Il ne fait que me rapporter ce qu'il a vu !
- Il a sûrement voulu t'impressionner !''
Les femmes reprirent la route pour les champs, continuant à échanger sur cet étrange navire. Tsukichi n'écoutait qu'à moitié. Cela ne l'intéressait guère. Des choses étranges, elle en voyait toute sa vie.

Le soir retomba à nouveau sur le village de Kiame. Tsukichi terminait de manger son repas quand on l'appela à la porte. Elle se leva et se dirigea vers celle-ci, avant de laisser entrer l'invité surprise. L'invité surprise, c'était Leiji Tatsumoto, un habitant du village du même âge qu'elle, physiquement parlant. C'était un des seuls hommes qui ne s'engageaient pas dans les Ashigarus, car il n'en avait ni la prétention, ni la force. À la place, il travaillait dans la construction. C'est son père qui avait construit la maison dans laquelle vivait Tsukichi en ce moment. Ils s'étaient rencontrés sur le chemin des champs, pendant que Tsukichi portait sur son dos tout un tas de fagots de bois. Le jeune homme l'avait aidé à atteindre sa maison, et ils avaient sympathisé. La Magi lui proposa le thé pendant que l'humain posait ses affaires à terre. Puis elle revint vers lui avec deux tasses et une théière. Elle versa le liquide avec grâce et maîtrise, avant de s'emparer de la tasse de son invité et de lui remettre. Après quoi, elle se servit.
''Comment vont les travaux dans les champs ?
- Nous avançons. La récolte devrait être prête pour l'hiver. Le village aura assez pour vivre et faire quelques réserves.
- Les Dieux ont été cléments cette année pour nous permettre d'obtenir autant de récoltes. Cette situation ne cesse de s'améliorer depuis quelques années.'' Bien évidemment, depuis que Tsukichi officiait en tant que Magi.
- Et de ton côté ? Tu as du travail ?
- Non, pas trop en ce moment. Des réparations de ci de là, mais rien de concret. Au fait, tu as entendu les nouvelles de la ville ?
- À propos du navire noir ?
- Oui. En fait, ça fait un moment qu'il est au port, mais les nouvelles n'arrivent que maintenant dans les villages reculés comme le nôtre. On prétend aussi qu'il en arriverait plusieurs de par-delà les mers !
- Eh bien ? Ce ne sont que des on-dit. J'ai déjà entendu madame Tora et ses amies en parler.
- Je pensais que cela pourrait t'intéresser. Tu n'es pas très bavarde ces derniers temps.'' Pas plus que d'habitude. Ces activités nocturnes l'empêchaient beaucoup d'avoir de la conversation.
- Je suis juste un peu fatiguée. Il faut beaucoup travailler dans les champs, et la météo n'est pas toujours avec nous.
- En parlant de ça, tu sais qu'il paraît que la forge a été saccagée durant la dernière averse ?
- Saccagée ?'' Un Foe ? Tsukichi l'aurait aperçut !
- Oui. On a retourné tout l'atelier du forgeron et il manque certains de ses outils.
- Peut-être des enfants voulant faire une mauvaise farce.
- Peut-être oui. Ou un voleur.
- Il n'y a pas de raison de voler notre forgeron. Il ne fabrique que des Yaris, rien d’exceptionnelle.'' Il faudra qu'elle fasse un petit tour du côté de la forge ce soir.
Quand Leiji s'en alla, il salua et et remercia Tsukichi qui lui renvoya la politesse. Puis la Magi ferma la porte qui menait à l'intérieur avant d'attendre un peu et de sortir par derrière, transformé en Magi. Elle se dirigea en premier vers la forge, lieu du saccage, pour la surveiller un peu. Si un Foe souhait repasser par là, l'expérience lui avait démontré qu'il le ferait. Attentive au moindre son ou à la moindre manifestation d'un bruit étranger, elle surveillait les alentours. Rien qui ne ressemblait à un Foe. À un moment, les buissons bougèrent pour laisser place à un lapin. Une fois encore, ce saccage n'avait sûrement était qu'une rumeur. Elle s'apprêta à s'envoler quand un autre bruit attira son attention. Plus gros cette fois. Tsukichi se mit en alerte. Ce qui sortit des buissons n'était pas un lapin. C'était un Foe. Elle attaque aussitôt.
''Toi. Arrête toi.''
Elle arriva devant le buisson, prêt à se battre, mais la créature fis demi-tour immédiatement. La Magi ne perdit pas de temps à le poursuivre. Même si elle n'aimait pas la trajectoire que le Foe prenait.
''Il se dirige droit vers le cœur du village. Et il ne prend pas les toits celui-là.''
Pourvu que personne n'était là. Pas de temps à perdre. Elle trouva un endroit où se coupait et s'entailla la main, avant de la diriger droit vers son adversaire.
''Pluie Sanglante.''
L'attaque partit comme une flèche pendant que la goutte de sang qui coulait de la paume de Tsukichi se divisa en plusieurs gouttelettes qui devinrent rapidement une véritable pluie qui tomba sur le Foe et le rongea de l'extérieur. Tsukichi bondit dans les airs, main levée, avant de l'abattre dans une grande coulée du liquide rouge qui vint s'abattre sur sa cible comme si la volonté divine avait décidé de ne pas lui faire de cadeau.
''Cascade de Sang.''
Le Foe se retrouva vaincu sous la pression et la force de l'attaque. S'assurant que son cadavre ne traînait pas, la Magi fit volte-face et reprit les cieux pour sa veille nocturne.

Le lendemain, l'agitation grimpait dans le village. C'est le bruit du chien du chasseur du village qui tira Tsukichi de son sommeil non-réparateur. Elle ouvrit les yeux sur le toit de sa maison. Le soleil devait à peine avoir commencé à se lever. Elle s'habilla rapidement et sortit dans le village. On criait que les hommes rentrés. Aussi tôt ? Elle n'y croyait pas. Sans attendre, elle rejoignit l'ameutement devant l'entrée principale du village, celle qui menait vers les champs. La route qu'empruntaient les hommes pour partir ou revenir. Une cohorte entière de l'armée était effectivement là, mais ce n'était pas des Ashigarus du village. Non, c'était un régiment totalement étranger au village, accompagné justement, d'étrangers. Des étrangers équipés de fusils dans tout le régiment, comme l'avait prétendu le forgeron. Ces étrangers accompagnaient un homme vêtu d'un drôle de vêtement, semblable au kimono, mais dans un textile moins délicat et plus grossier, quelque chose ressemblant à une capuche tombant sur son dos. Il chevauchait un cheval plutôt fort de couleur blanche. Tout le monde suivait cet étranger et ses hommes qui semblaient venir de nulle part. Les soldats locaux invitèrent tout le village à se réunir sur la place centrale, exactement au même endroit où Tsukichi avait vaincu le Foe hier. Obligée de suivre le mouvement, elle se retrouva rameutée avec les autres habitants du village. Quand tous le village se retrouva enfin réuni, les soldats formèrent un cercle autour de l'étranger et empêchèrent ainsi quiconque de s'approcher. L'étranger fortement protégé leva alors le bras pour attirer l'attention et se mit à s'exprimer en japonais, avec certes un accent insupportable, mais c'était compréhensible.
''Je vous salut tous ! Je suis le Père Abril, envoyé de l'Église dans votre pays pour y répandre la voix de Dieu. Mon navire est arrivé il y a quelques mois sur vos côtes et le voyage jusqu'ici a été long. J'apporte avec moi la bénédiction et la protection du Seigneur. Dieu m'a chargé de la mission sacré de ramener à lui les brebis égarées et de les protéger des loups susceptibles de les dévorer. Je vais désormais vivre ici avec vous. S'il-vous-plaît, ne me considérez pas comme un étranger à votre égard. Nous sommes tous frères et sœurs devant le Seigneur, et je ferais en sorte de participer pleinement à la vie active de ce village. En attendant la fin de la construction de la maison de Dieu où j'officierais, vous pourrez me trouver dans ma tente, non-loin du village. Je suis ouvert à chacun de vos propos. Si vous avez un crime sur la conscience, un pêché à me confier ou simplement le besoin d'être guidé, alors venez à moi, et je vous accorderais le Pardon Divin afin que votre âme puisse atteindre les Cieux et reposer aux côtés de notre Seigneur.''
Et il continua encore son discours, mais Tsukichi avait cessé de l'écouter à partir de là. Elle avait regardé les gens autour d'elle. Certains buvaient à s'en noyer les paroles de cet homme, d'autres s'apprêtaient presque à lui jeter des pierres. Elle, elle voulait simplement s'éloigner, alors elle le regardait sans le regarder. Son esprit s'aventure ailleurs, jusqu'à ce que des propos ne sifflent à son oreille. Elle se retourna vers l'homme et se concentra à nouveau.
''Je suis aussi là pour chasser le mal qui hante vos campagne et menacent vos maisons. Démons, sorcières, esprits... Tout ce qui vous terrorise et est votre ennemi est aussi mon ennemi. N'hésitez surtout pas à venir me voir''
Tsukichi fronça les sourcils. Cela allait lui poser des problèmes.

Après la fin du discours, il fallait bien retourner travailler. Alors que Tsukichi s'éloignait vers les champs, elle rencontra Leiji, qui finissait de discuter avec d'autres étrangers. Le visiteur d'un soir s'approcha d'elle, qui l'apostropha d'elle-même.
''Tu sympathise déjà avec les étrangers ?
- Je n'ai pas le choix. Je suis aussi sur ce projet de construction. Il est plutôt difficile, je n'ai jamais vus une architecture pareil.
- Il ne m'inspire pas confiance.
- Comment ?
- Méfie-toi de cet homme.''
Puis elle s'éloigna sans en dire plus, laissant là Leiji, un peu perplexe.

Madame Shimoto approcha le Père Abril, quelque peu tremblante. Elle parvint à le voir, et il l’accueillit à bras ouvert.
''Parle moi mon enfant. Qu'est-ce donc qui te fais trembler à ce point ?
- Hier soir... J'ai vu... J'ai vu de la sorcellerie.'' L'homme se mit à sourire.
- Dis moi tout, mon enfant.''

 

À SUIVRE

Publié dans Fictions, Projet

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